11-12 Juillet 1980 - d'Emmaüs à Jéricho

Vendredi 11 Juillet  -  Emmaüs

 

Nous prenons le bus vers Tel Aviv, en traversant le défilé où des camions rappellent le ravitaillement de Jérusalem en 47/48

 

Nous sommes dans les territoires de l’extension progressive des tribus, du temps de Josué.

Sommes-nous dans le village de la fameuse ‘Auberge d'Emmaüs ‘? Luc 24 : débat autour de 60 stades  (= 12 kms) ou 160 stades (= 26 kms). Le copiste a du trouver que 160 stades, c’était beaucoup pour une étape, et il aura mis 60.

En tous cas c’est ici le seul village de Palestine qui porte le nom d’Emmaüs.

Nous sommes en Israël, mais tout proche de la frontière avec la Palestine.

c’est Latroun, où se trouve aujourd’hui une abbaye cistercienne. Ils sont présents depuis 1890, venant de Sept-fons. En 1970, les moines donnèrent une partie de leur terrain à l’association « Névé Shalom » le village de la paix.

 

Nous sommes invités à lire

Josué, 10 (Gabaon et Ayyalon)

I Sam 4 – 5 – 6 : la prise de l’Arche par les Philistins et son renvoi à Beth-Schémesh

I Maccabées  5 et 12 : Emmaüs était une place forte importante pendant la guerre des Macchabées :

 

 

 

054.EntréeduShabatMur des Lamentations

 

Nous nous y rendons ce vendredi, en fin d’après-midi pour l’entrée en Shabbat au coucher du soleil.

 

Beaucoup de juifs se rendent au Mur des lamentations :

Shabbat, c’est la fête, la 1ère fête,

L’accomplissement de la création,

L’anticipation de la vie en Dieu, de la vie pleinement épanouie.

Les juifs accueillent le shabbat comme une fiancée…

 

« Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur. Un jour passé dans ton sanctuaire en vaut pour moi plus que mille. J’ai choisi : le seuil de la maison de mon Dieu plutôt que la tente de l’infidélité » Ps 85

 

Mais c’est aussi le temps de l’absence de Dieu, car il n’y a plus de Temple.

Le Mur ouest reste cependant le symbole que Dieu n’a pas complètement quitté le Temple.

C’est le lieu le plus sacré d’Israël.

Les plus pieux – traditionnels – touchent ce mur en donnant à tout leur corps un balancement de psalmodie. Les chapeaux noirs, le châle de prière et les cheveux longs torsadés sont nombreux.

Les femmes n’ont pas leur place dans cet espace, mais un autre espace contigu qui leur est réservé.

 

Beaucoup de familles (notamment des vacanciers américains) y viennent comme à une fête, en tenue estivale et extériorisent leur joie sans retenue.

Ainsi commence pour eux le shabbat en famille, journée de fête, de convivialité, de lecture de la Thora, de prière. Le shabbat est comme une massue qu’on lève pendant six jours et qui, le 7ème enfonce le clou, mais là, ce n’est plus nous qui faisons l’oeuvre, c’est Dieu.

 

Nous sommes parmi eux, tête couverte, impressionnés, mais aucunement gênés, car personne ne fait attention à nous. Nous y circulons librement, jusqu’à l’entrée du souterrain par où la communication se faisait avec l’esplanade.. 055.Shabbat

 

Nous lisons Deutéronome 6, 4-25 :

« Shéma Israël »

 

« Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur UN. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force. Les paroles des commandements que je te donne aujourd’hui seront présentes à ton cœur, tu les répéteras à tes fils, ; tu les leur diras quand tu resteras chez toi, quand tu marcheras sur la route, quand tu seras couché et quand tu seras debout… Et demain, quand ton fils te demandera : ‘Pourquoi ces édits, ces lois, ces coutumes que le Seigneur notre Dieu vous a prescrites ? Alors tu diras à ton fils : ‘Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, mais d’une main forte le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte’.

 

Samedi 12 Juillet – Jéricho

 

057.deJérusalemàJérichoDépart dès 3 h 30, en bus arabe – car c’est shabbat et il n’y a pas de bus juif.

 

Puis, près de l’auberge du Bon Samaritain, où des bédouins nous attendent, soit pour nous emmener jusqu’à Jéricho par le désert à dos de chameau, soit tout simplement en espérant que nous nous y ferons prendre en photos pour quelques shekels…

 

‘Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba sur des bandits qui, l’ayant dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort… Un samaritain qui était en voyage le vit et fut pris de pitié…’ (Luc 10, 29-37)

 

Nous empruntons à pieds l’ancienne route et, à travers des paysages magnifiques nous marchons,056.DésertdeJuda seuls ou par petits groupes parmi les quelques troupeaux et divers monastères grecs orthodoxes – avec ermitages – creusé dans la paroi de la montagne. On peut y observer aussi un ouaddi avec canalisation d’eau. Et nous nous enfonçons dans le désert de Juda. Il faut prendre tout son temps, car la distance est importante et le soleil monte dans le ciel, d’autant plus implacable que nous allons descendre de 1200 m. et arriver à 250 m. au-dessous du niveau de la mer.

 

Dans un tel environnement, on peut penser aux 40 jours de Jésus au désert et à la montagne de la tentation. (Mt 4, 1-11) Ou encore au nouvel Exode que les exilés ont vécu au retour de Babylone, dont parle Isaïe dans les chapitres 40 à 55.

 

058.MonastèreGrec-Orthodoxe

  059.Monastèreetermitages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrivés à Jéricho, plusieurs sont à bout de force à cause de la chaleur torride. Heureusement nous sommes accueillis dans une grande cour très ombragée où nous trouvons de l’ombre et de l’eau fraîche.

 

Nous prenons le temps de la célébration en méditant la fameux passage du Jourdain en Josué 3 – 4 – 5 : relecture très embellie de l’entrée en Terre Promise, car, nous dit Manu, car quand les Hébreux sont arrivés, il n’y avait plus que des ruines des anciennes murailles. Mais le Peuple de Dieu n’en finira pas de relire son histoire en célébrant la puissance du Dieu sauveur.

 

            Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et firent la Pâque au 14ème jour du mois, le soir, dans les steppes de Jéricho. Et ils mangèrent des produits du pays Josué,5,10

 

Bien d’autres textes nous parlent de Jéricho, comme II Rois 2, 19-23, où Élisée purifie la source qui causait des avortements.

 

Et puis, bien entendu, dans l’Évangile, des pages inoubliables : Bartimée (M, 10, 46-52) et Zachée (Luc 19, 1-10) où Jésus est si attentif à ceux qui cherchent à être guéris ou tout simplement à le voir. Mais il faut réaliser que si Jésus traverse Jéricho, c’est pour monter à Jérusalem, donc dans le sens inverse. Et il nous devient plus facile d’imaginer cette longue montée par le chemin que nous avons descendu ce matin.

 

Cette petite ville nous surprend : c’est un bourg totalement arabe, assez populaire, où parait-il la vie n’est pas chère et où il y a beaucoup de cafés. On y ressent une certaine douceur de vivre. D’autant que c’est une oasis avec une très belle palmeraie. Pourtant, à proximité, on devine un ancien camp de réfugiés palestiniens.

 

060.CampréfugiésPalestiniens

061.OasisdeJéricho

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La ville intéresse beaucoup les chercheurs car dans le Tell-es-Sultan on a découvert des constructions datant de 7.000 ans av. J-C, donc des couches différentes de civilisations, et même une tour en pierres sèches d’une dizaine de m. de haut. Jéricho est sans doute l’une des villes les plus anciennes du monde.

 

Nous n’allons évidemment par remonter à pieds de Jéricho à Jérusalem. Nous cherchons un bus…, mais il n’y en a plus ! Commence alors une longue négociation pour prendre des shirouts, c'est-à-dire des taxis collectifs de cinq ou six places. Je ferai partie du dernier groupe à partir au bout d’une très longue attente. Encore une journée bien remplie. Mais, pour la dernière fois, nous allons encore coucher dans un lit à la Maison d’Abraham.

 

 

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