13 - 14 Juillet 1980 - La Araba - Oasis d'Aïn Hundra
Dimanche 13 Juillet – La Araba
Nous prenons la route vers le Sinaï. Notre guide s’appelle Guédi. Il est accompagné de Judith. Le chauffeur s’appelle Moussa (= Moïse). Le petit Nitaï, fils de Guédi s’est joint à nous.
Nous avons 500 kms à faire. Heureusement nous avons l’air conditionné.
Nous passons tout près de Jéricho, puis nous longeons la Mer Morte (400 m. sous le niveau de la mer).
A Sédom et Gomorrhe, nous sommes dans un paysage de sel blanc ou rose, avec de petits icebergs de sel. On peut imaginer comment un tel paysage a suggéré les récits du livre de la Genèse.
Lot leva les yeux et regarda tout le district du Jourdain : il était tout entier irrigué. Avant que le Seigneur n’eut détruit Sodome et Gomorrhe, il était comme le jardin du Seigneur (Genèse 13,10) Le Seigneur dit à Abraham : la plainte contre Sodome et Gomorrhe est si forte, leur péché est si lourd, que je dois descendre pour voir s’ils ont agi en tout comme la plainte en est venue jusqu’à moi. (18.20) Le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du souffre et du feu
Nous sommes dans la Araba, vallée aride qui s’étend le long de la Mer Rouge jusqu’à la vallée du Nil.
Nous passons au pied des falaises de Qumran et de Massada, où nous nous arrêterons au retour.
À l’Est, nous devinons les paysages de Moab et d’Édom.
Nous apercevons un kibboutz en plein désert… et aussi des antilopes, onagres et autruches dans la réserve de Yot Vata.
Nous arrivons à Élat… où Salomon avait un port d’armement pour aller chercher l’or d’Ophir.
Maintenant nous sommes près des Iles du Pharaon, en face de l’Arabie Saoudite.
Il y a un décalage de 100 kms de roches granitiques entre le côté Saoudien et le côté israëlien.
À l’improviste, à un arrêt, on nous a proposé palmes et masque, sans nous expliquer pourquoi. Heureusement j’ai dit oui. Et un peu au Sud
d’Élat, nous nous sommes arrêtés sur une plage bien ordinaire… sauf que nous étions dans une mer de corail. Pendant une heure, nous avons pu nager, en mer Rouge, juste au-dessus de la barrière de
corail – qu’il fallait bien éviter d’accrocher ! – parmi des bancs de poissons multicolores : je n’avais jamais rien vu d’aussi féerique, et le contraste n’en deviendra que plus
saisissant quand, reprenant le car, nous nous trouverons bientôt en plein désert.
À Nouéba, nous sommes sans doute en Égypte : c’est là que se faisait la séparation des tribus bédouines du Nord et du Sud. Nous passons à Charm-el-Cheik. Je crois que c’est là que nous prenons plein Ouest vers le Sinaï.
Nous roulons encore une petite heure et, au coucher du soleil, nous bivouaquons dans le sable chaud. Je donne mon accord pour être réveillé à 3 h. du matin pour une longue marche dans le désert, qui nous mènera jusqu’à l’oasis d’Aïn Hundra.
Lundi 14 Juillet – Oasis d’Aïn Hundra
Lever à 4 h du matin (pour les volontaires)
Trois heures de marche, avec Guedi, dans le désert vers l’oasis d’Aïn Hundra.
Paysage formidable. Entrecroisement de deux failles
Campement possible des hébreux après le passage de la Mer Rouge.
Guedi est très attentif à la végétation du désert :
- des plantes qui vivent avec très peu d’eau : exemple le retama, qui enfonce des racines à la fois en profondeur, jusqu’à 20 m. et en étendue, pour capter toute eau disponible
- des plantes qui ne peuvent croître que les pieds dans l’eau, comme le palmier.
Nous sommes à la frontière égyptienne
– Village bédouin avec le magad (maison d’accueil)
– Inscriptions byzantines sur les falaises, sans doute en lien avec le passage de pèlerinages vers le monastère Sainte Catherine
Voir Exode, 15-16-17-18-19
Nombres : chap. 11-12-13-14-16-20 à 25
À midi, nous sommes au monastère Sainte Catherine, au pied du Sinaï
- moines grecs orthodoxes,
- église byzantine du 6ème s. (la seule intacte) avec les icônes,
- très riche en manuscrits : le Sinaïticus, (manuscrit complet du NT datant du 4ème s.) trouvé ici
- Ce monastère a été construit par St Étienne, sur ordre de l’empereur byzantin Justinien.
- Évocation du « Buisson ardent » sous forme d’un grand buisson de ronces.
Au pied du Mont Sinaï ou Djebel Moussa ou Horeb
immense vallée, carrefour avec l’Égypte,
En Milga = La Rencontre
ou se rencontrent des égyptiens, des israéliens, des musulmans, des juifs, des chrétiens…
des bédouins, dont une tribu de semi-nomades, originaires de Roumanie, venus construire le monastère, et qui, l’été, vont dans la montagne ramasser des fruits divers…
devenu, avec Moïse, Élie, le lieu de la rencontre avec Dieu. L’Horeb.
Guedi nous fait découvrir cet aspect inattendu du désert plein de vie, de sources, de plantes et même quelques jardins cultivés dans l’Ouaddi Klar
Le Sinaï est redevenu Égyptien suite aux accords de paix avec Israël en 1979







