28-29-30 Juillet 1980 : Zafed - St Jean d'Acre - Césarée
Lundi 28 Juillet – Zafed – St Jean d’Acre
Au réveil, un israélien vient nous ‘engueuler’ : sommes-nous des inconscients de coucher si près de la frontière libanaise (ou syrienne) d’où les tirs peuvent nous atteindre ? Peut-être est-ce tout simplement notre style un peu ‘bohème’ qui ne lui plait pas…
Nous allons faire un brin de toilette dans un kibboutz voisin – tout près du fortin des croisés - où l’accueil est plus sympa.
Puis nous prenons le bus pour Kiriat-Shémona, puis Zafed .
Zafed (ou Zéfad) est une petite ville située à 900 m. d’altitude.
C’est la plus haute ville d’Israël, dont le nom veut dire ‘guetter’, ‘observer’. C’était une des villes saintes des Israëlites et servait de
repère :des feux étaient allumés de proche en proche pour annoncer la nouvelle lune ou les jours saints. On peut se demander si ce n’est pas à cette ville que pensait Jésus quand il parlait
d’une ville placée sur une haute montagne, qui ne peut être cachée. Elle a été conquise par les Templiers qui l’ont occupée pendant un siècle (1168-1268). Puis elle a été refuge de nombreux
érudits après l’expulsion des juifs d’Espagne en 1492. Elle est alors devenue le siège de la ‘Cabale’, sorte d’école, ancêtre des hassidim, qui a
donné beaucoup de maîtres mystiques juifs, et qui a influencé les théologiens chrétiens du moyen âge.
En 1948, Safed comptait une population comprise entre 10 000 et 12 000 Arabes, pour 1500 à 1700 Juifs (pour la plupart des religieux). Au cours de la guerre civile qui marqua les 6 derniers mois du mandat britannique, tous les habitants arabes fuirent les combats et ne furent jamais autorisés à revenir. La famille du Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas faisait partie de la population qui se vit contrainte de fuir. La ville a été conquise par les forces israéliennes le 11 mai 1948.
Nous visitons la citadelle croisée, des synagogues, le quartier des artistes (peinture, céramique, sculpture) car cette ville a retrouvé une vitalité à la fois sur le plan culturel et sur le plan religieux.
Acco (ou Saint Jean d’Acre) appelée aussi Ptolémaïs dans l’antiquité, située au nord de la baie de
Haïfa.
Act 21, 7 mentionne le passage de Paul dans sa montée vers Jérusalem. ‘Après avoir salué les frères, nous avons passé une journée avec eux’
Tour à tour assyrienne, égyptienne, grecque et romaine, la ville d'Acre sera également partie de l'empire byzantin avant d'être conquise en 638 par les arabes. Cette domination s'achève avec Baudoin Ier, le
26 mai 1104, lorsque la ville tombe aux mains des croisés. Elle fut baptisée St Jean d’Acre par
les hospitaliers de St Jean et les Templiers et devint le 1er port de la Méditerranée orientale. Reprise par le sultan Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise par les rois
Philippe-Auguste et
Richard
Cœur-de-Lion durant la troisième croisade en juillet 1191, au prix d’un massacre de la garnison (2.700 soldats, 300 femmes et enfants). La
prise de St Jean d’Acre marqua une étape décisive dans la reconquête du Royaume de Jérusalem, ce qui permettra à ce dernier de se maintenir un siècle.. La ville tombera aux mains des Mamelouks en
1291. ce sera la fin de la présence occidentale en Terre Sainte.
Au moins dès le XIIe siècle, des hommes s'inspirant du prophète Élie vivent en ermites dans les grottes du Mont Carmel. Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, leur donne vers 1209 une règle de vie centrée sur la prière. L'appellation officielle de ce très ancien institut est celle d'Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel, mais on les appelle habituellement en français les Grands Carmes.
Durant les croisades, la vieille ville d'Acre était divisée en quartiers contrôlés par des marchands venus de tout le pourtour méditerranéen, notamment vénitiens, pisans, gênois, français et germaniques.
Mardi 29 Juillet –
Le Mont Carmel – Césarée Maritime
Le mont Carmel (en hébreu Har HaKarmel,
le vignoble de Dieu) est une montagne côtière
en Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de
Haifa se trouve en partie à flanc du mont Carmel.
Cette montagne, vénérée depuis toujours, marque la limite avec la Phénicie. (Le Liban d’aujourd’hui)
Cette proximité avec les Phéniciens fut un défi pour les hébreux. Le roi Achab, fils d’Omri (875 à 853 av J-C), devenu roi d’Israël,
Et comme ce n’était pas assez pour lui d’imiter les péchés de Jéroboam, il prit pour femme Jézabel, fille du roi des Sidoniens ; il alla servir le Baal et se prosterna devant lui. Il bâtit un autel pour le Baal dans la maison qu’il avait construite à Samarie. Il fit le poteau sacré : il continua à agir de façon à offenser le Seigneur, plus que tous les rois d’Israël qui l’avaient précédé. (I Rois 16, 29-33)
C’est alors que se lève le prophète Élie qui va dénoncer ce syncrétisme. Lors d’une grande sécheresse, entraînant la famine à Samarie, il échappe à Jézabel qui fait massacrer tous les prophètes du Seigneur, rencontre Achab, qui se méfie de lui.
Élie demande qu’on rassemble tout le peuple sur le Mont Carmel. C’est là qu’affrontant les prêtres de Baal au nom du Dieu d’Israël, il accomplit des miracles qui prouvent aux israélites l’inanité de leur croyances idolâtres.
Élie s’approcha de tout le peuple et dit : ‘Jusqu’à quand danserez-vous d’un pied sur l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez-le, et si c’est Baal, suivez-le’ Mais le peuple ne lui répondit pas un mot. Élie dit au peuple : ‘Je suis le seul prophète du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante… J’invoquerai le nom du Seigneur. Le dieu qui répondra par le feu, c’est lui qui est Dieu…
À l’heure de l’offrande, Élie s’approcha et dit : ‘Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, fais que l’on sache aujourd’hui que c’est toi qui est Dieu… Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi’ (I Rois 18, 1-46)
Jézabel veut la mort d’Élie qui manifeste un zèle jaloux pour le Seigneur (I Rois 19,10)
Élie se dresse contre l’injustice : la vigne de Naboth (I Rois 21)
Les Carmélites pensent qu'une communauté d'ermites juifs vivaient sur le Mont Carmel du temps d'Elie, mais on n'en a trouvé aucune preuve jusqu'à présent.
Un ordre religieux de l'Église catholique romaine, l'Ordre du Carmel (Carmes et Carmélites), a été fondé sur le Mont Carmel au XIIe siècle par Saint Berthold (mort en 1195), pèlerin ou Croisé, qui avec quelques autres s'est mis à vivre en ermite en terre Sainte sur le mont Carmel comme l'avait fait avant eux le prophète Elie. Cet ordre a été organisé vers 1209 par Saint Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem qui lui a donné une règle prescrivant la plus grande pauvreté, la solitude, la prière et le régime végétarien. . L'appellation officielle de ce très ancien institut est celle d'Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel, mais on les appelle habituellement en français les Grands Carmes Cet ordre est, mondialement, l'un des plus importants ordres catholiques.
Le prophétisme
L’égalité nomade est remise en cause par la sédentarisation : création d’une armée, d’une cour, de scribes. Le Dieu de l’exode ne peut se confondre avec aucun autre, même si les prophètes adoptent des traits des religions environnantes, comme Osée.
Les grands prophètes, de Moïse à Jésus : passionnés de Dieu, totalement humains et insérés dans les problèmes de leur temps : c’est cette alliance des deux qui fait le prophète.
- Samuel au temps de Saül
- Nathan à la cour de David
- Élie et Élisée, vers 850, dans le Royaume du Nord : contre le culte de Baal, contre l’injustice, contre les alliances.
- Amos et Osée, vers 750, dans le Royaume du Nord : la prospérité se construit sur le dos des petits.
- Michée et Ésaïe, vers 750, dans le Royaume du Sud. Ésaïe, l’homme de la sainteté de Dieu, contre l’hypocrisie du culte, contre les alliances mesquines.
- Nahum – Sophonie – Habacuq vers 650 à 610
- Jérémie : 626 – Appuie la réforme de Josias, puis, après la mort de Josias en 609, prédit la catastrophe et la puissance de Babylone, mais au cœur de la catastrophe, il prédit un renouveau (Cf Jérémie 31) L’alliance de l’exode est caduque, il faut une nouvelle Alliance.
- Ézéchiel : 600 – Prêtre lié à l’élite sacerdotale en exil à Babylone. – Belle méditation sur « Pourquoi l’exil » ?: 16, 17 et 18. Mais espérance malgré tout : 37 : la vision des ossements desséchés. C’est de là que sortira la ‘tradition sacerdotale’
- 2ème Isaïe, (dont on ne sait rien) vers 540 : les chapitres 40 à 55 – La fin de l’Exil est interprétée comme un nouvel Exode dont le Moïse sera Cyrus, roi de Perse. – Dieu Saint – Dieu qui conduit tout – Dieu de l’histoire – Dieu Créateur. C’est aussi là qu’on trouve les très importants poèmes du Serviteur Souffrant.
- 3ème Isaïe : qui écrit au moment du retour les chapitres 56 à 66, qui donnent une consistance à ce retour, essaie de dominer la déception et de dynamiser Sion, vers qui toutes les nations doivent se tourner.
- Aggée et Zacharie 1-8 : vers 520 – Reconstruction du Temple
- Joël : Effusion de l’Esprit
- 2ème Zacharie 9 à 14 écrit dans les années où Alexandre envahit tout le proche Orient – Décrit le messie pasteur, le messie Humble (monté sur un ânon), le messie transpercé : ces textes aideront les disciples à reconnaître et à dire leur expérience de Jésus-Christ.
- Daniel : 164 - Le prophétisme est remplacé par l’apocalyptique : on n’arrivera à rien si Dieu ne s’y met pas ! L’apocalyptique invite les convertis à l’espérance plutôt qu’à la conversion. Lecture religieuse, mais codée des évènements qui se vivent. Les évènements ont l’air de se situer à Babylone, avec Nabuchodonozor, mais en fait il s’agit de la persécution d’Antiochus et de la révolte des Maccabées.
Césarée Maritime – (Mardi 29 Juillet, 13 h 00)
4ème s. av. J-C : construction phénicienne : Migdal, Tour de Straton
Prise pas les Hasmonéens
Prise par Pompée en 64 av. J-C
- Antoine-Auguste donne la ville à Hérode le Grand.
- Hérode en fait une grande ville en l’honneur de César, avec théâtre, amphithéâtre, aqueduc, port… et des statues géantes visibles depuis Sébaste (Samarie)
- Devient la capitale de la Province de Judée pour les Romains, donc de Pilate, le procurateur, qui ne montait à Jérusalem que pour les fêtes.
- C’est ici que s’est allumée la guerre juive (rixe entre grecs et juifs)
- Lieu de la rencontre entre Pierre et Corneille (Actes 10 et 11)
- Port d’où Paul part et où il revient (Actes 9,30 – 18,22 – 21, 8-16) et où il est emprisonné (23-24–25)
- Au 1er s., Ville riche de toute une dimension missionnaire de la jeune Église : le diacre Philippe y a résidé (Actes 8,40)
- Au 3ème s., école de théologie, avec Origène
- Au 4ème s., Eusèbe y écrit une « histoire » des débuts de l’Église
- Au 5ème s., elle devient byzantine.
- Au 7ème s. elle est sous la coupe des arabes.
- Au 11ème s. elle est prise par les croisés et reprise par Saladin
- Au 13ème s. St Louis y fortifie la place croisée.
Je n’ai plus de souvenir précis des ruines imposantes que nous avons visitées.
Par contre, je me souviens que nous avons voulu aller prendre un bain dans la Méditerranée et que, pendant que nous nous baignions, j’ai vu des
jeunes s’approcher de nos vêtements. Je suis revenu, l’air tranquille, pour protéger mes affaires, ils se sont écartés comme si de rien n’était et j’ai constaté qu’ils avaient volé ma montre.
J’ai réussi à les rattraper, mais ils ont joué les innocents et, la difficulté de langue n’aidant pas, j’ai dû faire le deuil de cette montre à laquelle je tenais. Étaient-ils juifs,
arabes ? Je ne sais.
Mercredi 30 Juillet – Césarée – Tel Aviv – Jaffa – Lod
Dîner ‘en commun’ à Césarée et couchage je ne sais plus où !
Dernière célébration
- avec lecture de Actes 10 – 11 : la rencontre de Pierre et de Corneille
- lecture de Actes 21 – 22 – 23 – 24 : l’emprisonnement de Paul à Césarée.
- comment ce voyage éclaire notre mission et nous appelle ...






