Mardi 20 Mars 2007 - Montée à l'Assécrem

Publié le par Paulfeuillesdautomne.over-blog.fr

CdF70.MontéeNous partons donc pour deux jours dans le Hoggar, qui est une région immense, presque aussi grande que la France, un massif montagneux, avec sommets à 3000m. Les 4x4 nous prennent à l’hôtel. Je me trouve avec Albine, Catherine et Yves : Il va y avoir de l’ambiance ! Par contre, notre chauffeur va se révéler d’une discrétion presque gênante. Peut-être ne parle-t-il pas bien le français ? En tous cas, il a l’air de bien le comprendre.

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Quelques gouttes de pluie nous surprennent dès le départ, mais ça ne va pas durer ; par contre l’éclairage n’est pas terrible, comme si le ciel était aussi poussiéreux que les pistes. Il y a encore des d’arbres, surtout des tamaris, qui de loin ressemblent à des pins maritimes. Des chameaux en liberté, on verra même, au retour, un troupeau de chèvres et de moutons assez important.

 

CdF72.Reg.Les chauffeurs s’arrêtent partout où il y a de belles photos à prendre. Vers midi, nous nous arrêtons près d’une guelta (petit lac) d’eau très fraîche et nous déjeunons au bord de l’oued. Il y a même, à deux pas, une petite cascade tout à fait inattendue. Le lieu est hospitalier. On voit même des gens venir installer leur échoppe en espérant vendre quelques souvenirs. D’où peuvent-ils bien sortir ? Des chameaux organisés en caravane passent tout près de nous. 

 

Marcel nous conduit à l’écart, dans une sorte d’amphi naturel où nous prenons place plus ou moins assis ou appuyés. Il nous propose une méditation sur le désert. Toutes les religions monothéistes s’enracinent dans le désert : Abraham, Moïse, Élie… Jean-Baptiste, Jésus… Mahomet. Marcel nous donne son témoignage d’année sabbatique passée au désert : 40 jours à l’Assékrem, et la suite à Touggourt, où un peu à la manière d’Osée, il a eu à refaire son choix de vie à la suite d’une forte expérience d’amour humain.CdF77.Souad

 

Vers 16 h., nous arrivons au refuge où nous déposons nos sacs. Et aussitôt, nous prenons le sentier de l’Assékrem, avec la conscience que c’est sans doute là que va culminer notre pèlerinage.

 

 

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Nous découvrons l’ermitage où CdF a passé quelques mois et où vit toujours une communauté de petits frères qui assurent là une présence réelle. Nous entrons dans le petit oratoire qui a bien de la peine à contenir tout notre groupe et nous allons y célébrer l’Eucharistie. Les textes choisis sont ceux qui ont été lus à la célébration de la béatification de CdF il y a quelques mois : Sagesse 15 et Jean 15. Je nomme dans ma tête tous ceux que j’aime, tous ceux à qui je suis liés. « Je te confie, Seigneur, tous ceux et celles avec qui je chemine, ceux qui m’accompagnent, ceux que j’accompagne : qu’à l’exemple de CdF nous devenions frères et sœurs universels et amis de Jésus, même s’il nous est difficile de mesurer les fruits que nous portons ».  CdF82.prière

 

Nous lisons la prière de CdF (il vaut mieux dire la prière que CdF met dans la bouche de Jésus) et ceux qui le veulent en redisent une phrase. Personne n’ose redire : « Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira ! » Personnellement je m’appuie sur les derniers mots « avec une infinie confiance car tu es mon Père » .

 

Et nous nous dispersons sur le plateau de l ‘Assékrem : ce sera le seul moment de « liberté » et de solitude du voyage. Je cherche une belle pierre pour Marie-Annick qui me l’a demandée. Ce n’est pas là que je la trouverai. J’attends le coucher du soleil qui est parfois grandiose dans ce cadre de montagnes roses. Mais il y a toujours comme un voile qui va rendre les photos plus austères.

CdF83.ermitage

Au hasard de mes pérégrinations, je tombe sur un petit ermitage comme il y en a 3 ou 4 et j’examine de près comment il est organisé pour récupérer l’eau, pour se protéger du soleil et de vents parfois violents. Et puis je vais m’asseoir dans une anfractuosité de rocher. Je médite, confie, remercie. Et là je me demande si j’aimerais passer 40 jours, ou une année dans la solitude, la rigueur du climat, la frugalité de la vie : je ne le crois pas ! De toutes façons, c’est trop tard pour moi…

 

C’est même trop tard pour redescendre : je dois le faire dans l’obscurité et tout le monde est déjà installé dans « le salon » avec feu de cheminée quand j’arrive. On prend place autour de petites tables pour le dîner plutôt confortable, avec un nouveau couscous complété de dates en grappes. CdF84.Refuge

 

Après dîner, on peut s’asseoir sur des coussins dans le grand séjour. Lucienne, qui a passé bien des années à Rome pour l’apostolat des laïcs, vient s’asseoir près de moi et nous parlons longuement de son histoire, dans une JICF proche de la JOC, et de la grande diversité des organisations ou mouvements de laïcs, avec le risque de perdre la veine de l’Action Catholique, d’autant que les mouvements ne sont pas en cour à Rome. Mais Lucienne pense aussi qu’en France on ne sait pas se respecter mutuellement et s’accepter avec ses différences. C’est elle qui m’apprend qu’une procédure va être mise en route en vue de la béatification du Père Guérin, fondateur de la JOC française et qu’on lui demande d’en être la postulatrice. Je l’y encourage vivement, d’autant que comme retraitée il va bien falloir qu’elle consacre son énergie à quelque chose ! Mais elle est aussi sollicitée pour le synode de Nice.

 

Il est temps d’aller se coucher : je me retrouve dans l’un des dortoirs du refuge, seul homme en compagnie de toutes ces dames de l’aristocratie, juste à côté de Béatrice.. Et puis il y a aussi Catherine, toujours aussi pétulante ! Si bien que le fou rire s’empare de tout le monde, que le lit de Béatrice s’effondre et qu’elle aboutit soi-disant dans mes bras ! Rigolade générale.. Et voilà qu’au dehors les ânes se mettent à braire ! Il ne manquait plus que cela ! Heureusement que j’ai pris un somnifère car il paraît que « la cage aux folles » a continué quelque temps. Pour une fois que je me mêle au grand monde !..

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