mercredi 21 Mars 2007 - Descente de l'Assécrem et bilan

Publié le par Paulfeuillesdautomne.over-blog.fr

Je serai l’un des premiers debout pour monter voir le lever du soleil là-haut, près de l’ermitage. La visibilité n’est encore pas terrible, mais le paysage n’en est pas moins grandiose. 

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En arrivant dans l’oratoire, quelle n’est pas ma surprise de voir que Françoise est déjà là ! Elle non plus ne veut rien rater, ni du panorama, ni de l’extrême de l’expérience que vivent ici des chrétiens, à la suite de CdF.

 

Nous nous retrouvons avec Yves, le Brestois (dont m’avait parle Ernest et Agnès) sous une sorte d’auvent, et nous parlons une heure à bâtons rompus. Ils accueillent ici beaucoup de monde, jusqu’à 50 personnes par jour. Ils s’organisent pour donner priorité aux Algériens qui sont environ ¼ des passagers (et les ¾ en été). S’ils ne connaissent pas CdF, Yves et Edouard leur expliquent. Ils accueillent aussi des « retraitants » pour un minimum de 10 jours, souvent 40, d’ermitage. Des petits frères aussi, qui aiment revenir là, à la source. Ils se rationnent en eau suivant la pluviométrie (150mm en moyenne par an), mais avec de gros écarts. C’est Juillet qui est le mois des pluies. La semaine dernière il faisait –9°. (aujourd’hui il fait 6°) Le vent renforce souvent le froid. C’est le vent qui est le plus difficile à vivre. Nous nous intéressons aussi à la manière dont ils s’organisent pour se procurer le minimum vital : ils descendent à pied une fois par mois ( ?) et profitent aussi d’un 4x4 qui monte pour la station météo dont ils font les relevés. Peu de nomades vivent aujourd’hui sur le plateau. À Tamanrasset, les Touaregs sont devenus minoritaires. Édouard parle le Touareg, pas Yves. CdF79.Hoggar

 

À 8 h., messe toute simple, à l’oratoire. C’est l’un des deux frères qui préside, le plus sobrement du monde. La liturgie de la parole se fait assis par terre. Il est temps de redescendre, le groupe va nous attendre.

 

Mauvaise nouvelle : Hubert, l’un des membres du groupe est sérieusement malade : ne serait-ce pas la fameuse tourista qu’on attrape en mangeant des crudités mal lavées ? Sa femme, Maryse est infirmière et prend soin de lui. Catherine,

qui est médecin, veille aussi. (Finalement, il pourra prendre l’avion du retour avec nous).

 

Nous retrouvons nos 4x4, qui s’arrêtent à la demande pour les photos . Nous croisons une caravane de chameaux : ce sont paraît-il, des touristes algériens. Nous nous arrêtons dans le lit d’un oued pour le déjeuner sur nattes. Nous prenons le thé à la manière locale. Nous voyons quelques-uns de nos chauffeurs faire la prière près des 4x4. Je cherche de belles pierres dans le lit à sec de l’Oued. Dernière halte à une cascade du Hoggar, où le niveau des eaux à beaucoup baissé ces dernières années. Nous terminons la descente dans un vent de sable qui nous donne une petite idée de ce que ça peut être quand ça s’installe.. Les sacs plastique multicolores accrochés dans les arbres comme des fleurs ne sont pas pour autant décoratifs ! 

 

CdF90.chamelierCdF89.Caravane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CdF94.Thé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Retour à l’hôtel Tahat. Grande toilette. Préparation des sacs pour le retour. Chacun de nous est aussi invité à faire son bilan du voyage en vue d’un bilan de groupe.

 

 

Mon bilan : Je reprends les trois aspects que j’avais retenus au départ : Algérie, désert, Charles de Foucauld et j’ajoute « Pèlerinage »

 

 Algérie : J’y suis venu comme soldat pour la guerre d’Algérie, il y a 50 ans. La page est tournée. Comment avait-on pu croire si longtemps à l’Algérie Française, alors que la population musulmane était si mal traitée ? Même si la plomberie est souvent défaillante et l’administration tracassière, je crois percevoir un pays neuf, vigoureux, accueillant. Je regrette qu’on n’ait pas eu de contact plus organisé avec l’Islam officiel, institutionnel. (Souad a souvent témoigné, mais à titre personnel). Il faudrait renouer une vraie fraternité franco/Algérienne… L’Algérie n’a-t-elle pas besoin qu’on l’aide à ne pas se replier sur elle-même, à s’ouvrir à d’autres cultures, à respecter d’autres religions ? C’est l’anti choc des civilisations ! 

 

CdF93.OuedSecDésert : C’est un océan, qu’il faut traverser, avec ses îles-oasis, ses dix couleurs de sable, du blanc au rouge… Nous n’avons fait que le survoler, en avion, en car… Il n’y a rien de commun avec les méharées, qui sont si légitimement à la mode. L’étonnement a été total pour moi de découvrir de vraies villes en plein désert, avec ma question qui reste presque entière : de quoi vivent-ils ?

 

Charles de Foucauld : il est devenu pour moi beaucoup plus concret, complet, contrasté, discuté, intériorisé. Et ses disciples, cette Église infime, fétu dans un océan islamique, sont une présence totalement gratuite, des petits frères et sœurs qui témoignent de ce qu’ils reçoivent de l’Islam comme amitié, hospitalité, sans être assurés de la réciprocité. Henri, René, Xavier, Yves, Édouard, Alain, Antoine, tous sereins, témoignent de la gratuité de l’évangile.

  

CdF98.groupePèlerinage : c’est sûrement parce que Marcel a pleinement joué son rôle de prêtre accompagnateur que cette dimension a été parfaitement honorée, ce qui a produit une qualité de vie, d’échanges, de prière, de célébration, de contacts, d’amitié dans la diversité. La contrepartie, est peut-être que Souad n’a pas forcément pu bien se situer comme guide. Elle m’a dit par exemple, qu’elle avait étudié CdF pour préparer ce voyage, mais elle n’en a jamais parlé. Plusieurs seront bien plus critiques que moi, sur les conditions matérielles, la sono du car qui marchait mal, l’obligation de toujours courir, la nécessité d’avoir deux jours de plus pour un tel périple… 

 

 

Marcel arrive en retard au diner : il est tombé par chance sur France 2 et nous apprend qu’il neige en France et que la liste officielle des candidats à l’élection présidentielle est publique. Il nous donne les noms. Et voilà que les affinités de chacun, prudemment tues jusque-là, se dévoilent. L’une des dames est amie de la maman de Jean-Louis Borloo et affiche clairement ses sympathies, sûre d’être comprise ; deux couples, avec qui je me sens en sympathie, avouent être tentés par François Bayrou, alors qu’habituellement ils votaient à gauche ; je suis le seul à dire clairement que je voterai pour une femme.. Le débat s’anime et pourrait s’envenimer ! Marcel, sans se découvrir, se désole qu’en France on en arrive à de tels affrontements. J’ose lui répondre que c’est parfaitement normal…

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