4- Lundi 29 Juin 2009 - Mosquée des Omeyyades - Église Saint Ananie

Publié le par Paulfeuillesdautomne.over-blog.fr

 

 Après le petit déjeuner, le Père Claude Bressolette, notre accompagnateur spirituel, ancien doyen de la faculté de théologie de Paris, où il a succédé à Joseph Doré, nous invite à nous retrouver pour un temps de prière dans une salle de l’hôtel où nous restons debout, faute de chaises. Il nous lit la lettre aux Galates, 1.1 :

« Paul, Apôtre, non de la part des hommes, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité des morts ».

Puis quelqu’un lit le premier récit de la « Conversion » de Paul en Actes 9

« Poursuivant sa route, il approchait de Damas

quand, soudain, une lumière venue du ciel l’enveloppa de son éclat.

Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait :

‘Saoul, Saoul, pourquoi me persécuter ?

– Qui es-tu Seigneur ? demanda-t-il. J

Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes.

Mais relève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire ».

(Il y a deux autres récits, en Actes 22 et 26, et il est très intéressant de voir comment Paul raconte chaque fois différemment le même événement).

Pour ma part, je prends plus vivement conscience que le mot « conversion » n’est pas le meilleur. Mieux vaut parler de « Vision » ou de « Révélation », ou d’ « illumination ». C’est le Christ ressuscité qui s’est révélé à Paul, lui donnant d’un seul coup, après sans doute un long cheminement et un combat intérieur, cette lumière éblouissante, aveuglante, qui va bouleverser toute sa vision du Mystère du Salut. Dans sa lettre aux Philippiens (3.10/12), il pourra évoquer cette connaissance qu’il a du Christ ressuscité :

« Il s’agit de la connaître, lui, et la puissance de sa résurrection..

Parce que j’ai été saisi par Lui, je m’élance de tout mon être… »

C’est cela qui fait l’Apôtre. 

20.CourOmeyyadesCe matin, nous allons visiter la fameuse Mosquée des Omeyyades, qui est le monument le plus emblématique de Damas. Nous passons tout près du mausolée de Saladin (1195), qui rappelle la conquête turque. On ne peut échapper au rite de se déchausser, et toutes les femmes du groupe, même les plus « habillées », sont obligées d’enfiler une sorte de gandoura minable avec capuche qui les dénature : elles n’apprécient pas du tout !

 

Dès l’entrée, on est saisi par la majesté de cette grande cour rectangulaire, décorée de magnifiques mosaïques, entourée d’une sorte de cloître et dominée par trois grands minarets, le minaret de la fiancée, du 11° s. et le minaret de Jésus, du 15° s. et le minaret El Gharbyé, du 16°. Il ont été élevés sur les tours du temple romain.

 

La salle de prière est un ancien temple de Zeus, transformé en église romane byzantine sous l’Empereur Théodose au 4° s.. Elle abrite le mausolée de Saint Jean-Baptiste, vénéré par les musulmans et les chrétiens. Jean-Paul II y est venu en 2001 pour honorer Saint Jean-Baptiste (dont on avait soi-disant retrouvé le crâne !)  Il y avait dit : « Nous sommes appelés tous ensemble chrétiens, Juifs, musulmans, à nous respecter et à travailler ensemble pour le bien de la famille humaine. C’est là que nous mesurons ce que nous avons en commun, mais aussi nos différences. Nos prières ont le même sens, mais pas les mêmes mots, ni les mêmes gestes ».

Au début de l’Islam, les chrétiens y accueillaient les musulmans, moyennant un rideau de séparation. Aujourd’hui, on 21.omeyyadess’y promène librement et on y prend des photos, apparemment sans déranger le moins du monde les musulmans qui y prient de diverses manières. Près du tombeau d’Hossein, un groupe nombreux de femmes chiites, sans doute iraniennes, entièrement voilées de noir, manifestent leurs sentiments par des cris, des larmes, des baisers aux portes et au montants.

 

26..PalaisAzem

 

 

 

 

 

Nous terminons la matinée au Palais Azem, qui fut justement le palais du gouverneur de Turquie pendant deux siècles. Il a été construit en 1749 par le Pacha el-Azem qui, bien que haut responsable ottoman, était originaire d’une famille arabe de Hama. L’alternance des pierres noires et claires donne son élégance à ce bâtiment construit dans un parc verdoyant. Il a été aménagé en musée syrien des arts et traditions populaires. Pendant une heure, nous visitons à notre guise toutes les pièces où sont exposés des meubles, des instruments de musique, des mannequins en habits traditionnels. Après avoir été endommagé par les bombardements français de 1925, il a abrité, de 1930 à 1946, l’institut français de Damas.28.SoukDamas

 

Puis, en traversant le souk Bazouryé, nous gagnons un grand restaurant et nous installons dans la cour centrale ombragée – il fait 35° degrés à l’ombre -  et dominée par les murs de l’hôtel. Nous commençons à nous habituer à la surabondance des mets parmi lesquels chacun fait son choix.

 

À la fin du repas, on nous annonce 2 ou 3 heures de liberté, avant de nous retrouver, vers 17 h, à la cathédrale catholique saint-Ananie. Trois groupes différents s’organisent. Catherine Roquefeuille me demande si je veux bien l’accompagner à l’ambassade de France pour se renseigner sur les possibilités d’aller se recueillir sur la tombe de son père, dans un cimetière militaire à 30 kms de Damas. En recherchant un taxi, nous tombons sur une jeune française qui habite Damas et qui nous conseille sur l’itinéraire. Elle hèle un taxi qui consent à nous accompagner tout au long d’une course un peu hasardeuse.

29.Souk+Il nous emmène d’abord à un souk « haut de gamme » où travaillent des artisans de diverses professions. Catherine a la fièvre acheteuse.. ! Et elle veut m’offrir une porte de tabernacle damasquinée pour décorer ma chapelle. J’ai toutes les peines du monde à décliner l’invitation !

Puis nous nous rendons effectivement à l’ambassade de France où nous faisons ouvrir la porte sans problèmes. Nous nous contenterons d’une négociation avec le planton pour obtenir d’appeler par téléphone le gardien du cimetière Dmeir. Pas de chance ! Le cimetière est justement fermé le vendredi et le samedi. Or c’est samedi prochain que Catherine pourrait s’y rendre. Le gardien finit pas promettre d’être là pour l’ouvrir. Et il tiendra promesse.

 

Maintenant, il s’agit de retrouver l’ église St Ananie, et ce n’est pas facile, car, avec les diverses confessions chrétiennes présentes dans la ville, les églises chrétiennes sont finalement nombreuses. Nous trouvons facilement la Maison d’Ananie, où nous acceptons le thé qu’on nous offre. Mais l’heure tourne et nous peinons à trouver l’église. La voilà enfin, elle est archi-pleine. Allons-nous retrouver notre groupe ? Nathalie s’inquiétait pour nous. Ah, les voilà, bien placés. Catherine trouve une petite place. Devant mon hésitation, une dame se lève et m’offre sa place en bout de banc. Je suis assis près de femmes arabes qui prient et qui chantent avec ferveur.

 

32.damas-st-paul083 jpgLa célébration vient de commencer : c’est une messe selon le rite byzantin. Les scouts en uniforme assurent le service d’ordre. Les caméras sont omniprésentes. Nous sommes dans une église catholique de rite byzantin, avec l’iconostase qui sépare la nef du sanctuaire et sur laquelle sont disposées des icônes. Cela doit signifier que le mystère est inaccessible au peuple chrétien qui ne peut y accéder que par la médiation des icônes.

 

La célébration va être présidée par l’archevêque catholique et le Cardinal espagnol, légat du pape, assurera l’homélie. D’abord toutes les personnalités, qui viennent de Jérusalem, du Brésil, de Pologne sont accueillies nommément. À propos des six légats du pape dans chacun des six lieux où cette clôture de l’année St Paul est célébrée (Jérusalem, Rome, etc.) le Patriarche dit, en français : « Nous avons besoin du pape qui peut dire à tous les hommes et femmes du monde des paroles de justice, de bonté et de paix ». Je ne me souviens plus des rites pénitentiels.. Une procession s’organise avant la liturgie de la Parole avec l’Évangéliaire et de nombreux acolytes et thuriféraires. La première lecture (Actes 9.19-25) évoque la première prédication de Jésus, Fils de Dieu par Paul à Damas, juste après son baptême : « Il passa quelques jours avec les disciples de Damas, et il ne tarda pas à proclamer dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu » et comment il entre déjà en conflit avec les juifs et s’évade  dans un panier le long de la muraille. L’Évangile (Mt 16.13-19) est la profession de foi de Pierre. L’homélie en espagnol est au fur et à mesure traduite en arabe.33.proces-offr

 

Le Patriarche reprend la parole et se fait applaudir par l’assemblée qui semble être pour l’essentiel composée de chrétiens locaux. Il alterne je ne sais combien de langues, dont le français. Il parle des « petits, petits fils des premiers chrétiens ». Aujourd’hui, Saint Paul a écrit des pages essentielles du Nouveau Testament, qui sont lues dans les Églises d’Orient et d’Occident… Pour construire ensemble la civilisation de la paix, la civilisation de la vie, la civilisation de l’amour.

 

La prière universelle est dite par différents évêques du monde avec le Kyrie eleison comme refrain. Je suis heureux de joindre ma voix au Kyrie que ma voisine chante à voix forte. Suit une prière d’offrande en français évoquant toutes les Églises présentes, les prêtres, les diacres, les moines et moniales de tout le Peuple de Dieu rassemblé en l’honneur de Saint Paul.

 

31.Messe ByzantineLe Patriarche, derrière l’iconostase, dos tourné, entouré de ses assistants, prononce une prière, qui est suivie d’un baiser de paix. Suit une longue prière dite par toute l’assemblée d’une voix assurée : peut-être le Credo ? Le célébrant se retourne et bénit l’assemblée avec trois cierges croisés, en dialoguant un chant liturgique. Puis je vois un geste étrange avec une palette, comme si on faisait voler l’Esprit Saint sur les offrandes… et une sorte d’épiclèse ponctuée d’un chant de l’assemblée à pleine voix. J’imagine que c’est maintenant la prière eucharistique, en arabe, avec récit de l’institution chanté et ponctué de l’Amen de la foule. Élévation et acclamation par un autre prêtre. Anamnèse dialoguée. Encensement de la base de l’autel, chant en soliste… Plateaux de la quête… Mémento du Jubilé de Saint Paul, chanté en français… Nouvelle bénédiction avec les trois cierges croisés, réponse en chants… Prière pour l’Église que ma voisine récite par cœur pendant que le célébrant la chante... Notre Père en anglais, arabe, araméen… Bénédiction avec la croix… l’assemblée ne cesse de chanter.

 

La question me vient : « Mais où suis-je donc ? » tellement le dépaysement est grand, mais c’est un vrai bain de foi que je prends. Vient le moment de la communion : chants en chaldéen, syrien et arabe. Ma voisine me fait signe que c’est le moment d’avancer en portant la main à sa bouche… Je vois tout le monde communier sur la langue. Je décide de tendre la main. Mais je m’aperçois que c’est une bouchée de vrai pain trempée dans la coupe de vin, alors j’ouvre la bouche comme tout le monde… Tout cela est enveloppé d’une véritable ferveur populaire paisible.

Mais voilà qu’on nous fait signe : notre groupe commence à sortir pour aller dîner à un restaurant qui nous attend. Trois personnes préviennent qu’elles restent pour la procession qui doit se dérouler à la fin de cette célébration dans les rues du vieux Damas. J’ai envie de me joindre à elles ; mais Nathalie nous prévient qu’il faudra nous débrouiller pour rentrer par nos propres moyens à l’hôtel. Je ne vais pas en rajouter après le retard de tout à l’heure.. Repas très convivial avec le Père Bressolette avec qui je n’avais pas encore beaucoup parlé. 

Et notre car nous attend pour 35.Eminencesnous conduire à la Citadelle où va être donné un spectacle son et lumière en mémoire de l’Illumination de Saint Paul. Nous nous installons confortablement avec un peu de recul. Mais on vient nous chercher pour que nous prenions place juste derrière les officiels, car nous sommes bien les invités du mistre du tourisme ! Il faut d’abord écouter de nouveaux discours. Le Patriarche, vraiment chaleureux dans toute sa manière d’être, et alternant plusieurs langues, nous dit en français : « Comme c’est beau, le monde de Saint Paul, toujours à découvrir ! »  Il termine son long discours en chantant l’hymne à l’amour de I Cor 13. Petite fausse note : j’ai cru entendre (et je n’ai pas été le seul) un hommage à « notre père Bachar el Assad » ! Puis c’est le ministre du tourisme, en arabe, bien sûr. Raghad nous dira qu’il s’est félicité de montrer une Syrie qui accueille toute le monde, qui a accueilli Saint Paul et a ainsi contribué à apporter la lumière au monde. Il fait même référence à l’Empereur Philippe l’arabe, devenu chrétien. Il refuse le mot cohabitation : « Nous sommes une Symphonie » comme l’a dit le Président, cité par le Patriarche. C’est une vie commune. Est-ce par ce que ce symbole est fort que les TV sont aussi présentes. S’agit-il d’un événement qui crée du neuf ? On ne peut pas ne pas se le demander.

37.CitadelleLes officiels se congratulent sous nos yeux, le Père Bressolette est présenté aux officiels. Je demande à mes deux voisins jeunes popes, s’ils connaissent Mgr Tabé, dont m’a parle Sophia. Mais oui, bien sûr, il est là. Ils le croient tout proche, mais ne le voient pas et ne s’intéressent plus du tout à moi, peut-être parce qu’ils trouvent inconvenant qu’un prêtre français soit habillé en civil ?  Le spectacle, qui s’intitule : «  The Road of Damascus, a light to the Word »,« le Chemin de Damas, lumière pour le monde » est un jeu scénique grandiose sur la vision de Saul, sa rencontre avec Ananie, le baptême, la manière dont il s’échappe de Damas dans un panier. La chorégraphie avec une quarantaine de danseurs, hommes et femmes, est superbe. Les jeux de lumière dans ce décor de forteresse et de remparts sont spectaculaires… 38..Jeuscén2Quel rapport avec la révélation qui s’est imposée à Paul ? L’intériorité est difficile à mettre en scène, à fortiori en grand spectacle.  L’étonnement principal est le soutien mutuel que semblent s’apporter le pouvoir et l’Église. La mention du Président est omniprésente, les officiels, l’armée, les scouts officiels sont là, assurant le décorum et l’ordre. L’Église, très minoritaire dans un État officiellement laïc, mais pratiquement et très majoritairement musulman, se met comme sous la protection d’un État dont elle a vitalement besoin.

"Quel est ce voyageur

que le Seigneur guette sur le chemin                                

et qu'il terrasse par sa lumière?

quel est ce violent

qu'entre tous le Seigneur a choisi

pour faire connaître à jamais la force de sa Parole ?

Victoire du Christ en son Apôtre !

Contre Jésus il allait à Damas,

pour Jésus il sillonnera le monde.

dans la justice de la loi

il mettait son orgueil

la grâce de l'Esprit fera toute sa fierté.

connaître Jésus et Jésus crucifié:

rien d'autre désormais ne compte pour lui.

Il partagera les épreuves de son Seigneur

pour communier aussi

à la gloire de la résurrection."

(Prière du Temps Présent - 25 Janvier

Fête de la Conversion de St Paul)

 

                                       108.décormural6° Situer Paul par rapport à Jésus et au commencement de l'Église

 

La plupart des exégètes et historiens s’accordent sur la date du 7 Avril 30 pour la mort de Jésus.

L’illumination de Saul, qui va devenir Paul se situerait, elle, en l’an 32 ou 34

De là à imaginer que Saul aurait pu être à Jérusalem au moment de la crucifixion de Jésus,

il n’y a qu’un pas.

Déjà le groupe des disciples de Jésus qu’on n’appelle pas encore « chrétiens »

mais « adeptes de la voie » 

est devenu assez nombreux et vigoureux pour qu’on cherche à en freiner le développement.

Étienne va être leur première victime.

« Saul cherchait à détruire l’Église, il pénétrait dans les maisons,

en arrachait hommes et femmes et les mettait en prison. » (8.3)

C’est précisément pour empêcher l’ implantation de « la Voie »

dans les synagogues de Damas que Saul  y est envoyé 

avec pleins pouvoirs des grands prêtres pour exercer la répression.

« Saul, ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur,

alla demander au grand-prêtre des lettres pour les synagogues de Damas.

S’il trouvait là des adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amènerait enchaînés à Jérusalem » (9.1)

La particularité de Saul, par rapport à tous les Apôtres,

est d’être un pharisien qui a eu une formation intellectuelle et spirituelle stricte,

sans doute à l’école du grand maître Gamaliel, à Jérusalem.

Saul est donc totalement investi dans la défense de l’authenticité de la foi de ses Pères

que l’Évangile de Jésus vient contester.

On peut penser que c’est parce qu’il vit déjà l’obéissance de la foi que l’Esprit Saint va l’illuminer.

Car « Dieu donne son Esprit à ceux qui lui obéissent »  (Actes 5.32)

Et puis, c’est aussi parce qu’il est impressionné par le témoignage que donnent les disciples de Jésus :

Il vient d’assister à la lapidation d’Étienne, il gardait même les vêtements des lapidateurs,

Et il a vu le visage lumineux et entendu les paroles de foi en Jésus, de celui qui offrait sa vie. (Actes 7.58-60)

Quand, dans 3 récits différents, il évoquera ce qui lui est arrivé,

ce sera toujours pour « décrire » une rencontre avec Jésus, mort et ressuscité.

Au cœur de ces trois récits, il y a ce dialogue central :

« Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes ! »

C’est cela qui fait l’Apôtre : être témoin de la résurrection.

C’est notamment dans la communauté d’Antioche,

(là où les disciples de Jésus recevront le surnom de « chrétiens ») à partir des années 36/37,

que Paul va repenser toute sa connaissance de la Bible à la lumière de l’événement Jésus-Christ.

Et il sera le premier à mettre son témoignage par écrit, puisque les 4 évangiles ne sont pas encore écrits

Sa première lettre, adressée à la petite communauté de Thessalonique, date de l’an 51.

Et dans la première aux Corinthiens, écrite en 54, il témoigne ainsi :

« je vous ai écrit en premier lieu ce que j’avais reçu moi-même :

Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures.

Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.

Il est apparu à Céphas (Pierre), puis aux Douze…

Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.

En tout dernier lieu, il m’est apparu à moi, l’avorton.

Car je suis le plus petit des apôtres,

moi qui ne suis pas digne d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu ».

Il est d’ailleurs intéressant de voir comment Paul se présente :

« Paul, Apôtre, non de la part des hommes,

mais par Jésus-Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Gal. 1,1)

Ou bien : « Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre,

mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu. » (Ro 1,1)

Et dans sa lettre aux Philippiens, il dira :

« J’ai été saisi moi-même par Jésus-Christ » (Phil 3.12)

Par contre, dans les nombreux écrits de Paul,

on ne trouve aucune évocation ou allusion à la vie terrestre de Jésus.

Ceux qui ne méditeraient que les écrits de Paul

ne risqueraient-ils pas de gommer l’humain de Jésus

et de ne retenir que le ressuscité ?

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Publié dans Le chemin de Damas

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